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n°11


Flore de la Suberaie


Photo © Thomas Regnery


"l’Hydne hérisson"

Le hasard nous amène parfois à faire des découvertes bien étranges...
Au mois de décembre dernier, lors d’une visite sur un chantier de débroussaillement situé dans le secteur du Château de Valmy (commune d’Argelès-sur-Mer), mon oeil a été attiré par un champignon étrange : il occupait une blessure sur le tronc d’un chêne-liège visiblement souffrant. Intrigué par cette découverte, je décidai de le récolter et de le remettre à Serge Peyre (Directeur du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs des Pyrénées-Orientales et botaniste amateur), ce dernier m’ayant proposé de le présenter à l’association de botanique dont il fait partie afin de l’identifier.
Suite à cela, Mme Marie Ange Llugany fît paraître un article dans le bulletin de l’association, article que voici...

Un champignon hors du commun
Un lundi du mois de décembre dernier, Serge Peyre est venu à la réunion, portant comme une relique un curieux champignon à la forme globuleuse, hérissé comme une brosse.
Un de ses amis l’avait trouvé sur la blessure d’un chêne-liège, près de Valmy (Argelès-sur-Mer).
Il a tout de suite intrigué l’assistance (le champignon !) qui pensa au Hericium clathroïdes, trouvé un jour au bord de la Côte du Sergent, à Perpignan.

Après quelques recherches, nous avons pu l’identifier. Il s’agit de Hericium erinaceum. Son nom vulgaire, hydne hérisson, “eriçó” en Catalan, est sans équivoque. Quélet l’avait comparé également à l’épaulette frangée, décorant les vestes militaires.
Ce champignon peut s’étaler jusqu’à 30 cm de largeur. Ses aiguillons, longs de 2 à 5 cm, sont recouverts par l’hyménium, partie fertile du champignon. A la base, il s’épaissit pour s’ancrer sur le tronc de l’arbre qu’il parasite. Parfaitement blanc à la naissance, il fonce avec l’âge, prenant des tons ochracés.
Il sort ses piquants à l’automne ou en hiver, sur les blessures des arbres feuillus tels que les chênes, les hêtres et même les platanes, arbres citadins.
Il serait le meilleur comestible des hydnacées (en effet, il sentait très bon), mais sa rareté et donc la méconnaissance populaire l’ont heureusement protégé des traditions culinaires de notre région. Et c’est une bonne chose car “des mesures de protection de cette espèce ont été prises dans divers pays d’Europe” (Champignons - Christian Dechonchat, Jean Marie Polese) !
André Marchand, dans ses “Champignons du Nord et du midi, tome 4, page 336”, avait été intrigué par la structure inhabituelle de ce champignon que M. Ponsaty, d’Elne, lui avait apporté en décembre 70. Il avait été récolté à Laroque-des-Albères (200 m) sur un chêne-liège maladif.
En observant le tronc de l’Hydne, divisé en épais rameaux, irrégulièrement soudés par leur base, la chair creusée de “petites cavernes radiales non communicantes”, les aiguillons plus courts au sommet, il pensa que la forme originelle de ce champignon pourrait s’apparenter à celle d’un calvaire. Le tronc érigé et les rameaux dressés, se seraient transformés sous l’effet de l’habitat et de la pesanteur : devenu lignicole (ou l’étant déjà), les rameaux inclinés vers le sol et superposés, se seraient partiellement soudés, créant ainsi ces cavernes dans la chair, spécifiques à l’hydne hérisson.
Cet hydne a ému également les mycologues de Strasbourg qui lui ont consacré une page sur Internet : octobre 2002, Institut de Physique, en plein centre ville, un gros champignon poussant sur un noyer affaibli, fait intervenir les membres de la S.M.S. Après une escalade de quelques mètres, il découvrent que celui qu’ils prenaient pour un polypore, n’en est pas un. C’est lui !
Pendant des semaines notre champignon reçut régulièrement les visites très attentionnées des mycologues acrobates... jusqu’à son stade final (il n’est pas immortel) !

Cet épisode nous rappelle le jour où, à Can Pitol (Prats-de-Mollo, dans le haut Vallespir), nous tenions une échelle de trois mètres au bout de laquelle se trouvait Pierre Llugany, assisté de son ami Jacky, cherchant à atteindre le champignon qui poussait sur un orme montagnard mort. Il s’agissait dans ce cas, de Pleurotus dryinus.

La mycologie qui pousse les hommes à plonger leur nez dans les champignons (... Et livre de toutes langues), à les goûter en les recrachant, à les toucher (et là, nous pensons à Emile Jacquetant, à R.C. Azéma que nous avons eu le plaisir de voir à l’action), à prendre des risques pour les approcher... est une science de passionnés, qui par la gratuité et la ténacité de leurs actes, nous étonnent et forcent notre admiration.

Marie Ange Llugany, 16 février 2005.

 


 


Foires et Salons...


Vivexpo 2004
L’édition 2004 de Vivexpo fut de l’avis de tous une franche réussite, de par la qualité des intervenants et l’actualité du thème abordé :
Le Chêne Liège
face au feu

3ème concours du leveur de liège


Colloques 2004-2005
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