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n°11


L'actu du liège...

Le chêne-liège en Marensin :
Une essence à prendre en compte et une filière à relancer
Le Marensin, zone forestière définie par l'Inventaire Forestier National, se situe au sud-ouest du département des Landes (40) et couvre environ 35 000 ha du territoire, dont 23 000 ha de forêt. Cette zone très propice à la culture du pin maritime, de par la qualité de ses stations et du potentiel génétique qu'il arbore, possède un autre atout de poids : le chêne-liège (Quercus suber occidentalis).

Actuellement, de nombreux sylviculteurs privés situés dans la zone naturelle du Marensin souhaitent valoriser leur patrimoine forestier en remettant en culture certains îlots ou certaines lisières de chênes-lièges. Cette essence pousse de manière spontanée dans cette zone, elle a été cultivée et récoltée jusqu'en 1960.

A l'heure de la biodiversité et de l'écocertification, un projet de relance de la filière liège en Marensin est à l'étude et a été initié par trois industriels locaux (Agglolux-CBL de Soustons, Au Liégeur de Soustons et Aliécor de Magescq). Ces industriels locaux s'approvisionnent quasi exclusivement grâce à de la matière première importée du Portugal. Ce projet, qu'ils portent à bout de bras depuis 4 ans désormais, a permis de relancer l'écorçage du liège dans les forêts domaniales ou communales. En effet, les interlocuteurs sont facilement identifiables (O.N.F. et communes). En revanche, plus de 70% de la ressource se trouverait chez les sylviculteurs privés.

On identifie rapidement plusieurs types de formations végétales :
• des lisières naturelles de chênes bordant des parcelles de pins ;
• des pentes sur lesquelles l'exploitation mécanique du pin est difficile et dans lesquelles pousse naturellement le chêne ;
• des îlots de chênes préservés au sein de parcelles de pins ;
• des trouées d'armillaire (champignon pourridié racinaire du pin), dans lesquelles la régénération naturelle de chêne est présente et sur lesquelles la culture du pin est économiquement et écologiquement hasardeuse.

De plus, le Département de la Santé des Forêts et l'Institut National de la Recherche Agricole soulignent l'intérêt écologique de la diversification des peuplements de pins maritimes afin de réduire les attaques parasitaires de manière naturelle en favorisant la concurrence parasitaire interspécifique.

Une étude initiée par le Centre de Productivité et d'actions Forestières d'Aquitaine est actuellement en cours et devrait permettre de recenser l'ensemble des peuplements de chênes-lièges présents dans le Marensin. Voilà trois mois aujourd'hui que Julien GOURRAUD (voir photo), stagiaire en D.E.S.S. forestier, arpente le Marensin de manière systématique afin d'effectuer un relevé en plein des îlots rencontrés.

Après près de 22 000 ha inventoriés, il laisse sa place à Emilie DEPORTES (voir photo) ingénieur forestier qui est employée par le C.P.F.A. Elle est désormais en charge du dossier sous la responsabilité de Yves LESGOURGUES - Directeur - et de Rémi RODRIGUEZ - Conseiller Forestier Sud-Landes.

Après ces quelques mois de travail apparaissent quelques pistes de travail intéressantes:
• la ressource présente devrait permettre une relance à plus grande échelle de la récolte du liège ;
• la formation des intervenants en forêt est nécessaire pour rappeler les méthodes de bases de la levée du liège et éviter des déboires liés à des pratiques de levées condamnables et préjudiciables aux arbres ;
• la filière de production, sylviculteurs privées, Etat et communes doivent se fédérer afin de proposer leur matière première en commun. L'Association Syndicale Libre est l'outil administratif parfois utilisé à ces fins dans d'autres régions françaises ;
• les industriels du liège doivent animer l'association qu'ils viennent de mettre en place afin de faire valoir leur savoir faire et leurs spécificités locales.

Les données relevées sur le terrain et la fin de l'inventaire seront traités durant le semestre à venir et un autre article vous fera part des résultats de cette étude.

Il est nécessaire de rappeler que cette étude n'est possible que grâce au soutien financier du Conseil Général des Landes, du Conseil Régional d'Aquitaine, des liégeurs Gascons et du C.P.F.A.

En guise de conclusion, il est primordial de souhaiter qu'une prise de conscience soit effective dans le respect de cette essence au travers de la sylviculture du pin maritime.

En effet, même si de nombreux sylviculteurs et notamment l'Etat, prennent en compte la présence des chênes-lièges lors des travaux de reboisements, certains continuent des coupes rases à blanc. Ces coupes ont un intérêt économique très faible étant donné le travail nécessaire avant de pouvoir utiliser le bois comme combustible. (bucheronnage, débardage, stockage deux années, écorçage, mise à dimension et fente).

En revanche cette pratique génère des risques phytosanitaires évidents, notamment pour la bonne santé des peuplements de pins maritimes qui sont la référence en terme de qualité et de vigueur sur le massif. La diminution prématurée d'une essence compagne du pin maritime depuis des siècles créerait un déséquilibre écologique en défaveur du pin.

Pour + d’informations :
Rémi RODRIGUEZ
Conseiller forestier G.P.F. Sud-Landes
Route de Castets - Domaine d’Uza 40 170 UZA
Tél. : 06.82.82.83.85.

 

 


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L’édition 2004 de Vivexpo fut de l’avis de tous une franche réussite, de par la qualité des intervenants et l’actualité du thème abordé :
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